Eurosport
Brest - Paris Saint-Germain : Marco Verratti (PSG), symbole d'un club qui ne se remet pas en question
Par
Publié 10/03/2023 à 14:03 GMT+1
LIGUE 1 – Marco Verratti a payé au prix fort une prise de risque qui a entraîné l'élimination du PSG face au Bayern Munich mercredi, en 8e de finale (2-0). Une nouvelle fois, l'Italien n'a pas su tirer le PSG vers le haut dans un grand rendez-vous européen. Mais son club ne l'a jamais remis en cause malgré ses échecs répétés. L'erreur de son joueur, c'est aussi la sienne.
Mbappé doit-il rester au PSG ?
Video credit: Eurosport
C'était du Verratti tout craché. Une action qu'il réalise des centaines de fois dans une saison. Il avait plusieurs options quand il a reçu ce ballon d'El-Chadaille Bitshiabu à l'entrée de sa propre surface. La remettre au jeune défenseur parisien qui avait sollicité le une-deux. Renverser le jeu côté opposé, où Achraf Hakimi s'était démarqué. Jouer court sur Gianluigi Donnarumma ou Sergio Ramos, même si c'était plus risqué. Et surtout, dégager le ballon face à la menace du pressing bavarois. Non, Verratti a fait du Verratti. Il a tenté de s'en sortir sur sa technique. Le plus souvent, ça passe, mais pas toujours. Il le savait. Là, ce n'est pas passé. Et le Bayern ne s'est pas privé de le sanctionner, précipitant au passage la chute du PSG sur son rendez-vous le plus important de la saison.
L'Italien a ses péchés et il s'est parfois fait taper sur les doigts pour ça, dès le début de sa carrière parisienne. Carlo Ancelotti ne lui passait rien. Pas seulement ce genre de prises de risque. Aussi ses contestations qui lui valent si souvent des avertissements et des suspensions. Ou ses blessures récurrentes qui plombent régulièrement son club, parfois sur des moments clés de la saison. Ceux qui ont succédé au technicien italien n'ont peut-être pas suffisamment donné de la voix pour que l'ancien joueur de Pescara se remette en question. Peut-être, aussi, qu'ils ont compté à tort sur son club pour le faire.
Paris l'a mis sur un piédestal
Verratti est bien à l'image du PSG. Il a du talent, c'est certain. Mais à l'heure de donner des garanties de fiabilité et d'élever son niveau de jeu quand l'adversité se fait plus coriace, il pointe généralement aux abonnés absents. Cela n'a jamais empêché Paris de le mettre sur un piédestal. De prolonger son contrat une grosse demi-douzaine de fois pour en faire aujourd'hui le cinquième joueur le mieux payé au club, derrière Kylian Mbappé, Leo Messi, Neymar et Marquinhos, avec un salaire annuel estimé à 11 millions d'euros. Le PSG n'a jamais envisagé autre chose que de grandir avec Verratti, débarqué à 18 ans dans la capitale. Quel qu'en soit le prix.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2023/03/09/3631908-73947288-2560-1440.jpg)
"Cette élimination marque un net recul de Paris dans le concert européen"
Video credit: Eurosport
La direction parisienne avait ses raisons pour lier son destin à celui de l'Italien. Joueur ultra-spectaculaire, chouchou du public du Parc, le Petit Hibou a toujours offert une plus-value technique considérable au PSG quand il était sur le terrain. C'était déjà très net du temps où il formait un remarquable trio dans l'entrejeu francilien avec Thiago Motta et Blaise Matuidi. C'est encore plus criant depuis que les deux derniers nommés sont partis. Non pas que Verratti ait encore progressé. Surtout parce que le milieu de Paris est un secteur qui n'a cessé de régresser.
Aucun milieu pour bouleverser la hiérarchie
Ce n'est pas faute d'avoir recruté dans l'entrejeu. Leandro Paredes, Idrissa Gueye, Ander Herrera, Danilo Pereira, Rafinha, Georginio Wijnaldum étaient déjà venus le renforcer depuis 2019. A son arrivée l'été dernier, Luis Campos avait fait du milieu son principal chantier en déboursant près de 100 millions d'euros pour attirer Vitinha, Fabian Ruiz, Carlos Soler et Renato Sanches. Ce ne sont pas leurs qualités qui sont à remettre en question. Mais aucun n'est vraiment un milieu de premier plan, de nature à réellement bouleverser la hiérarchie dans ce secteur. Et Verratti n'a ainsi jamais été contesté comme l'homme fort de l'entrejeu du PSG.
/origin-imgresizer.eurosport.com/2023/03/09/3631913-73947388-2560-1440.jpg)
Le costume est-il trop grand pour Galtier ? "Il n'avait pas de plan B"
Video credit: Eurosport
C'est le signal que sa direction lui a toujours envoyé. Bien sûr, l'Italien est fondamentalement attaché à la ville et au club. Il en est l'un des cadres les plus anciens au club et l'un des joueurs les plus talentueux. C'est un symbole. Qu'il fasse partie du projet, cela se justifie facilement. Mais qu'il ne soit jamais remis en cause au fil des échecs européens du PSG, cela se comprend beaucoup moins. Verratti a toujours eu le statut d'un joueur qui devait tirer Paris vers le haut, sans avoir montré qu'il était capable d'assumer pleinement cette responsabilité jusqu'ici. Tout le problème est là.
Paris ne sait pas piquer ses intouchables
Il incarne en cela les limites de la direction du PSG. Un club qui a trop facilement tendance à installer certains de ses joueurs dans une zone de confort maximale. Et qui ne prend pas l'initiative de les challenger quand les succès ne sont pas au rendez-vous. Verratti n'est pas le seul exemple pour illustrer le phénomène. D'autres peuvent sembler tout aussi intouchables depuis l'arrivée de QSI. Pour ne pas avoir su les piquer quand il le fallait, Paris a limité leur progression. Et la sienne par la même occasion.
L'Italien n'est ni victime, ni coupable, ou alors un peu des deux. Mais surtout un symbole éclatant des carences permanentes de la direction parisienne au lendemain d'une nouvelle désillusion européenne. Ce ballon perdu, c'est le péché qu'il n'a jamais corrigé parce que son club n'a pas su le pousser suffisamment dans ce sens. Cette erreur, ce n'est pas seulement la sienne. C'est celle du PSG. Qui, comme lui, a pris depuis trop longtemps cette fâcheuse habitude de ne rien retenir des leçons du passé.
Publicité
Publicité